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Madeleine Férat

Emile Zola

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Emile Zola (1840-1902) "Guillaume et Madeleine descendirent de wagon à la station de Fontenay. C’était un lundi, le train se trouvait presque vide. Cinq ou six compagnons de voyage, des habitants du pays qui rentraient chez eux, se présentèrent à la barrière avec les jeunes gens, et s’en allèrent chacun de son côté, sans donner un coup d’œil aux horizons, en gens pressés de regagner leur logis. Au sortir de la gare, le jeune homme offrit son bras à la jeune femme, comme s’ils n’avaient pas quitté les rues de Paris. Ils tournèrent à gauche et remontèrent doucement la magnifique allée d’arbres qui va de Sceaux à Fontenay. Tout en montant, ils regardaient, au bas du talus, le train qui se remettait en marche, avec des hoquets sourds et profonds. Quand le train se fut perdu au milieu des feuillages, Guillaume se tourna vers sa compagne et lui dit avec un sourire : – Je vous ai prévenue, je ne connais pas du tout le pays, et je ne sais trop où nous allons. – Prenons ce sentier, répondit simplement Madeleine, il nous évitera de traverser les rues de Sceaux. Ils prirent la ruelle des Champs-Girard. Là, brusquement, le rideau d’arbres de la grande allée s’ouvre et laisse voir le coteau de Fontenay ; en bas, il y a des jardins, des carrés de prairie dans lesquels se dressent, droits et vigoureux, d’énormes bouquets de peupliers ; puis des cultures montent, coupant les terrains en bandes brunes et vertes, et, tout en haut, au bord de l’horizon, blanchissent, à travers les feuilles, les maisons basses du village. Vers la fin septembre, entre quatre et cinq heures, le soleil, en s’inclinant, rend adorable ce bout de nature. Les jeunes gens, seuls dans le sentier, s’arrêtèrent instinctivement devant ce coin de terre d’une verdure presque noire, à peine dorée par les premières rousseurs de l’automne. Ils se donnaient toujours le bras. Il y avait entre eux cette vague gêne d’une intimité récente qui a marché trop vite." Férat, un ancien ouvrier devenu riche puis ruiné, meurt dans le naufrage du bateau qui devait l'emmener en Amérique. Il laisse une fille, Madeleine. Le tuteur auquel elle est confiée n'a qu'une idée en tête : l'épouser ; devant le refus de Madeleine, il tente de la violer. Celle-ci s'enfuit. Peu après, elle rencontre un chirurgien, Jacques, et devient sa maîtresse jusqu'au jour où il s'embarque pour la Cochinchine et l'abandonne. Elle rencontre Guillaume, un jeune noble faible...

Editeur

La Gibecière à Mots

Langue

Français

Pages

273

Taille

505 KB

Date de parution

03/06/2019

EAN

9782374633879

Catégories

Romans & fictions, Romans, Littérature, Oeuvres classiques